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Publié : 29 octobre 2016

American Nightmare 3, le bonheur dans l’excès.

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Le concept ? Dans une Amérique rongé par une criminalité excessive, le gouvernement a trouvé une solution : pendant 12h, une fois par an, c’est « la purge annuelle » : chaque citoyen peut tuer qui il veut (son patron, son conjoint,...) sans risquer des poursuites judiciaires puisque cette fameuse nuit sanglante est légalisée. La police ne peut intervenir. Les hôpitaux suspendent leurs services.
Les citoyens attendent tous cette nuit pour libérer leurs instincts primaires ou vivent dans l’angoisse d’être le suivant à mourir. Mais cela profite bien évidemment à l’état : cette nuit sert principalement à éliminer ceux qui vivent au crochet de l’état : les classes populaires...

Dans ce troisième volet, une scène phare paraît être la plus choquante : dans la « salle de jeu » où l’élite se prépare à tuer tous les citoyens capturés dans la nuit pour leur bon plaisir. Avant d’entrer dans cette salle, les otages sont mis aux enchères comme des bêtes qui iraient à l’abattoir.
Cette classe dominante dîne et prend du bon temps à retirer la vie à des innocents.

Ce film met l’accent sur ce qu’est la vie bonne qui consiste dans l’accomplissement de tous ses désirs, comme a pu le souligner Platon dans le Gorgias.

En effet, selon lui, il y a les forts et les faibles, ici l’élite et la classe populaire. Cette « sous-classe » étant jalouse, elle tente de rabaisser les forts. Donc, selon Platon, et ici selon l’élite, il est juste de faire ce que l’on veut : c’est la loi du plus fort.
Comme dans la nature, le plus fort mange le plus faible.
Seulement, ce concept, calqué à la réalité, présente un monde injuste et violent, un monde immoral ainsi qu’un élitisme décomplexé : rien ne leur interdit de profiter de tel ou tel individu. S’il ne sont pas capable de leur résister, alors tant pis pour eux ; ils n’avaient qu’à être plus forts.

Et bien, c’est exactement ce qu’il se passe dans cette scène : les faibles sont malheureux et les forts sont heureux de détruire les autres.
On appel cela le « droit à la vie bonne » sur le dos des autres. Malgré cette présence de la toute puissance de l’élite, le héros vas réussir à retourner la situation et ce sont ces « forts » qui vont êtres tués. On voit leur panique lorsqu’ils s’aperçoivent qu’ils ne sont plus les plus forts, mais que la roue tourne...

Ce film propose un hédonisme radical : doctrine qui pose le plaisir comme étant le critère de la vie heureuse. Mais, est-on vraiment heureux quand on fait du mal aux autres ? Est-ce que notre bonheur réside dans l’idée même du mal ? Ces questions proposent diverses réponses qui demandent à être approfondies par une analyse philosophique.

Estelle, TES 2