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Publié : 28 octobre 2016

Bienvenue à Gattaca : entre liberté et déterminisme.

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Dans une société future réside une sous-classe : les enfants du destin, de l’amour et une classe dominante dite « l’élite » : les enfants nés génétiquement modifiés.
Le héros du film, Vincent, est le fruit du destin et a une espérance de vie de 30ans (diagnostiqué dès sa naissance par la présence de problèmes cardiaques).
Vincent est considéré « invalidé » par la société, du fait qu’il ne soit pas génétiquement modifié. Pourtant, grâce à sa volonté, son envie, ses rêves, il va déjouer son destin en entrant sous une fausse identité à Bienvenue à Gattaca, un programme destiné aux astronautes en vue d’une mission spatiale : son rêve.
Pour cela, il empruntera l’identité de Jérôme, un ancien athlète né génétiquement modifié, aujourd’hui paralysé, mais considéré comme « validé » car il possède des capacités hors-normes.

Plusieurs questions résident concernant le libre-arbitre, mais aussi d’un point de vue moral ; est-il juste de contrer Dame Nature ?

L’erreur des parents : En effet, les parents privent leurs enfants de leur liberté puisqu’ils les déterminent dès leur naissance (taille, QI, couleur de peau/cheveux/yeux, nombre de doigts,...) sans leur laisser le libre choix de devenir qui ils sont, ce qu’ils veulent.
Les enfants n’ont même plus d’humanité car le but est d’être toujours meilleur que les autres.
L’idée ici est donc que le libre-arbitre, c’est-à-dire la capacité à se déterminer par soi-même, est totalement absent dans cette société.

La liberté est contingence : Une scène très importante : quand les parents de Vincent décident d’avoir recours à la science pour leur deuxième enfant.
Là encore, est-ce réellement par choix ou pour faire comme les autres individus ?
Bref, ils se rendent chez le scientifique qui leur indique qu’il a pris la liberté de supprimer toute conditions préjudiciables (calvitie, myopie, alcoolisme,...). Le simple fait qu’il ait « pris la liberté » sans même demander l’avis aux parents relève du déterminisme et non de la liberté.
La liberté est donc contingence : elle peut ne pas être.

Le déterminisme : Dans le film, c’est le directeur Joseph qui est le représentant du déterminisme. Il réfute totalement l’idée du hasard. Selon lui, si un individu dépasse son potentiel, ce n’est pas par hasard, mais parce qu’ils ont fait une erreur.
On comprend quand il est reconnu coupable d’un meurtre, alors que son profil génétique ne présente « aucune violence », que même programmé, l’homme n’échappe jamais à sa liberté, à son destin et donc aux lois de Dame Nature.

Les choix : Quand Vincent dans le film, va emprunter le corps de Jérôme pour réaliser son rêve : il va faire ce choix lui-même grâce à ce libre-arbitre au fond de lui.
Jérôme est lui aussi libre de choisir s’il veut donner son corps à un inconnu.

Nous sommes prisonniers de notre liberté : Mais Vincent n’est pas libre à 100%, -d’ailleurs personne ne l’est- la preuve en est lorsqu’il refuse de prendre 5cm. Pourtant, il va le faire car il est prisonnier de sa liberté, dans le sens où pour réaliser son rêve, il doit trouver un moyen de l’atteindre.. En effet, pour l’obtenir, il est contraint de changer de coupe, porter des lentilles, se faire du mal, perdre son identité pour devenir « Jérôme Morrow ». Il est également contraint de tricher pour passer les tests lorsque les enquêteurs accentuent leurs recherches.
Jérôme, est tout autant prisonnier de Vincent, notamment lorsque l’enquêteur décide de se rendre au domicile, il aurait pu faire le choix de ne pas se faire passer pour Vincent et le dénoncer à la police. Mais, il préfère continuer dans le mensonge et contribuer au bonheur de Vincent à l’aide ses capacités.

La liberté réside donc plus dans notre esprit et notre volonté, que dans nos gestes, notre physique ou notre mental. Même si on nous retire la faculté de nous déterminer par nous-même, à un moment dans notre vie, notre liberté reprendra le dessus ; grâce à notre expérience morale qui nous permet notamment d’agir en autonomie. Donc, chacun est à sa façon libre. L’essentiel est de l’être dans notre esprit, peu importe les lois, autrui ou tout autre obstacle.

Estelle TES2