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Publié : 28 octobre 2016

Riot Club, ou le mode de vie de Calliclès

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Le Riot Club est réservé à l’élite de la population britannique. C’est un cercle très fermé, très secret au sein de l’université d’Oxford. Ce club représente un modèle pour beaucoup de Britanniques, et ce depuis son commencement. Il a débuté il y a trois siècles, suite à la mort de Lord Riot qui lui donna son nom.
Miles et Alistair sont les deux étudiants en première année qui vont rejoindre le cercle très select du Riot club, en effet, ils ne reculeront devant rien pour avoir l’honneur d’en faire partie. Cependant, on remarque que Mills se révèle, au fil de l’initiation au club, nettement plus raisonnable, civilisé et respectueux d’autrui que le second membre.

 Comment est présenté la supériorité dans cet ouvrage ?

Les hommes qui font partis du Club se pensent supérieurs aux autres, en effet, ils se sentent heureux et se fichent de déranger les personnes qui se trouvent autour d’eux.

Ils vont organiser un repas et celui-ci s’effectue dans un restaurant, à l’écart de toute la clientèle. Le club est donc mis à l’écart, privilégié. Toute l’importance et l’action du film se joue durant ce repas.

Le repas se passe et tout va pour le mieux jusqu’au moment où Alistair décide de prendre le dessus et de tout retourner dans la pièce, avec l’aide des autres membres. On voit qu’ils cassent les meubles, la vaisselle, déchirent le papier peint ... A ce passage-là, on peut retrouver la philosophie de Calliclès : on ne vit qu’une seule fois, il faut donc en profiter et assouvir tous ces désirs, sauf qu’ici il s’agit de désirs superfétatoires/vains. C’est-à-dire des désirs qui peuvent ne pas être, ils ne sont pas indispensables comme là le fait de tout casser. Ce sont des désirs/des actions qui ne servent à rien.
C’est donc tout l’inverse de l’hédonisme modéré d’Epicure qui lui, rassemble uniquement les désirs naturels et nécessaires qui sont le bonheur (dont l’amitié, la philosophie…), l’absence de souffrance du corps (relatif à l’aponie) ou encore le principe de la vie même. C’est donc ce que fait le personnage : en effet, il fait ce qui lui passe par la tête sans forcément réfléchir et sans penser aux conséquences de ses actes. De même que tous les désirs sont naturels, ce serait contre nature de ne pas assouvir ceux-là. A ce moment-là, Miles est le seul à rester raisonnable et à ne pas agir. C’est alors que le responsable des lieux arrive et leur demande de partir aux vues des dégâts qu’ils ont causés. Seulement celui-ci est en position de faiblesse et Alistair lui fait comprendre.
Ici s’applique la théorie de l’Homme fort qui fait référence au discours entre le sophiste et le philosophe : Calliclès, évoqué précédemment et Socrate. Les hommes fort sont supérieurs à la masse (les plus faibles). Ici, on comprend alors que l’aubergiste et un homme faible car il est seul et sans défense face aux membres du Club qui sont donc les plus forts, ils dominent pour leurs plaisirs. Le fait qu’il soit tout seul ne le met pas à son avantage mais en plus de cela, il est moins fort et plus vieux que les hommes du Riot club qui eux sont plus jeunes et donc plus forts.
On remarque donc une forme d’immoralisme ainsi qu’un élitisme décomplexé. Cela signifie que rien ne m’interdit de profiter de tel ou tel individu. S’il n’a pas la force de se défendre, c’est tant pis pour lui. C’est alors la scène que l’on retrouve ici : le propriétaire du restaurant n’a pas la force de se défendre face aux hommes qui sont en face de lui, il se fait frapper à mort mais en ressort vivant avec de graves problèmes de santé.
L’homme est donc victime d’agression et lorsqu’on demande un coupable, personne ne se dénonce : ils ont profité de leur soirée, assouvi tous leurs désirs sans penser aux conséquences de leurs actes.

Le fait que personne ne se dénonce est un problème, car ils n’assument pas leurs actes et ce qu’ils ont fait est grave. Suite à ces événements, un homme est entre la vie et la mort et cela ne les affecte pas. Ils sont les seuls responsables, une famille a été détruite et à aucun moment ils n’y pensent, ou se mettent à la place des personnes. On retrouve vraiment ici la théorie de l’homme fort (le Riot Club) face au faible (le gérant du restaurant) car celui-ci n’a rien pu faire pour se défendre, il a subi les coups.
Dans les dernières scènes on voit que le fait de se dénoncer ou encore de trouver un coupable leur pose problème car cela pourrait mener à la fin du Riot Club. On comprend alors que le sort du Club est plus important que la vie de l’homme qu’ils ont amené jusqu’ici.
On voit donc que tout cela est représentatif du reste de l’ouvrage car à ce moment du film, ils s’inquiètent et s’occupent juste de leurs sorts, exactement comme dans tout le long du film avec les différentes scènes tel que le restaurant ou encore l’arrivée de la prostitué, ils s’occupent seulement de leurs plaisirs sans penser au reste ainsi qu’à ce qui les entoure ou encore aux répercutions que cela peut avoir par la suite.

Margaux, T.es 2.