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Publié : 3 juillet 2016

Pandoravirus Dulcis

Anaïs, une jeune australienne de dix-huit ans, habitait dans le quartier italien de la ville de Melbourne. Elle vivait avec ses parents dans une maison modeste, avec son frère de quinze ans, dans la rue Little Hanover St. Son frère, Axel, était un adolescent boutonneux qui passait tout son temps avec ses amis. Ses parents, quant à eux, étaient des employés débordés âgés de quarante-quatre ans pour sa mère, Claire, et de quarante-huit ans pour son père, Louis. C’était une famille simple qui ne cherchait de problème à quiconque. Anaïs était scolarisée à l’école de commerce de Melbourne qui se situait à quelques heures de route de chez elle.
Un jour, en rentrant de l’université, elle alluma son ordinateur et découvrit un e-mail de son meilleur ami, Antoine. Antoine étudiait à l’université de sport de Melbourne, ils étudiaient donc loin l’un de l’autre, mais ils essayaient de se voir régulièrement, Antoine habitant à quelques rues seulement de chez elle, dans la rue Moor St. Le mail de son ami lui demandait de se rendre chez lui au plus vite, il avait quelque chose d’important à lui dire. Il aurait, selon lui, découvert quelque chose d’extraordinaire. Elle salua donc rapidement ses parents et partit en attrapant vivement son manteau. Claire et Louis ne furent pas étonnés du départ soudain de leur fille, elle avait pour habitude de partir de la maison pour quelques heures sans donner trop d’explications. Ils préparèrent donc le dîner et appelèrent leur fils Axel. Lorsqu’il descendit de sa chambre, il ne pût s’empêcher de faire une remarque sur l’absence de sa sœur.
« Eh bien dis, elle rentre à la maison toutes les deux semaines, mais elle trouve encore le moyen de partir je ne sais où…
Son père soupira, les remarques de son fils l’agaçaient.
— Arrête un peu ça, Axel. Soit plutôt heureux que ta sœur ne reste pas enfermée et ne voit personne. Surtout que tu passes ton temps à sortir avec tes amis. »
Pendant que cette discussion se déroulait, Anaïs arrivait devant la maison de son ami, au numéro vingt de la rue Moor St. Elle frappa, et monsieur Green, le père d’Antoine, lui ouvrit. C’était un homme âgé de la cinquantaine, qui sentait fort le café. En effet, il travaillait dans un café à l’autre bout de la rue.
« Oh Anaïs ! Cela faisait bien longtemps que je ne t’avais pas vue !
— Monsieur Green ! Effectivement, j’ai pas mal de travail en ce moment, et vu que c’est l’été je préfère donner rendez-vous à Antoine au Carlton Gardens.
Antoine, qui avait reconnu la voix de son amie, descendit.
— Anaïs ! Désolé papa, mais j’ai un truc très urgent à lui montrer, vous bavarderez plus tard !
Anaïs fît un sourire gêné à son interlocuteur, et fila dans la chambre de son ami.
— Alors qui-y-a-t-il de si urgent ? Demanda-t-elle.
— Et bien figure toi qu’en traînant sur internet, j’ai découvert quelque chose d’incroyable, dit Antoine avec un grand sourire.
— Bah qu’est-ce que c’est ?
— Tadam !
Antoine venait d’ouvrir l’écran de son ordinateur portable sur une page portant pour titre : Pandoravirus, Melbourne, Australie.
— En cherchant un peu, j’ai trouvé que c’était au lac de l’université de la Torbe, ajouta-t-il ;
— C’est loin ! Mais c’est quoi exactement ce virus ? Un virus qui attaque la maison numéro vingt de la rue Moor St ? Demanda Anaïs en souriant.
Antoine sourit et déclara :
— En vérité, je ne sais pas encore. Je t’attendais pour que l’on cherche ensemble. Tiens, prends donc cet ordinateur, mais fait attention, c’est celui de mon père. »
L’ordinateur était abimé sur les côtés, et l’écran était fêlé, mais il ne semblait pas mal fonctionner. Anaïs l’alluma et ouvrit le moteur de recherche. Alors qu’elle cliquait sur un article traitant de Pandoravirus, Antoine lui demanda :
« Tu veux manger quelque chose ? Parce qu’on risque dans avoir pour un bout de temps…
— C’est vrai, et je t’avoue que j’ai un peu faim, répondit Anaïs. »
Antoine sortit de la chambre et son amie se trouvait sur un site nécessitant un mot de passe.
« Aargh ! Cria Anaïs, en colère. Ce site avait l’air super intéressant !
— Qu’est-ce qu’il se passe ? Demanda Antoine qui venait d’arriver.
— Un site qui me demande un mot de passe ! Je ne peux pas y accéder, ça m’énerve !
— Eh calme-toi, c’est rien. J’ai quelques notions en piratage informatique, dit-il avec un sourire. Ah et au fait, tu dors à la maison ce soir, tes parents sont déjà au courant.
— Tu me séquestres c’est ça ?! répliqua son amie en riant. Et monsieur le génie en informatique, viens donc me débloquer l’accès à ce site. 
Antoine prit l’ordinateur, fît quelques manipulations et poussa un cri étouffé. Anaïs lui demanda ce qui lui arrivait. Lorsqu’il lui répondit, la sueur perlait au coin de son front.
C’est… C’est écrit… C’est écrit que c’est le plus gros virus qui n’ait jamais existé, et que s’il devenait offensif, il pourrait exterminer tous les Hommes d’Australie en une seule journée. »
Anaïs, d’un bond, vînt s’asseoir à côté de son ami. Il était écrit que Pandoravirus était le plus gros virus jamais découvert. Il avait été découvert dans le lac de la Trobe à Melbourne et sur les côtes chiliennes. Il était inoffensif pour le moment, mais les risques qu’il se réveille étaient élevés. Avec le réchauffement climatique, le virus se développerait peut-être dans un an, dans dix ans, dans cent ans… On ne savait pas encore.
La mère d’Antoine les appela pour aller manger. Ils descendirent de la chambre, pâles comme des linges. Madame Green leur demanda ce qu’il se passait, ils répondirent qu’ils allaient bien. Ils mangèrent donc en silence. Lorsqu’ils remontèrent dans la chambre, ils se regardèrent et décidèrent qu’ils devaient en savoir plus. Ils allèrent donc souhaiter une bonne nuit aux parents d’Antoine, et lorsqu’ils furent enfermés à l’étage, ils mirent leurs manteaux, ouvrirent la fenêtre et sortirent dans la nuit tombante. . Anaïs murmura à son ami :
« Il ne faut pas que tes parents nous voient…
Antoine lui répondit avec un sourire :
— T’inquiète pas, on passe entre les deux maisons et on file à la médiathèque. »
Ils s’enfoncèrent donc dans la nuit. Lorsqu’ils arrivèrent, ils étaient glacés jusqu’aux os. La bibliothécaire les regarda d’un air étrange lorsqu’ils entrèrent, se demandant sûrement ce que deux jeunes gens venaient faire ici à vingt-et-une heure. Les deux amis posèrent leurs manteaux à une table située dans un coin sombre de la pièce rectangulaire qu’était la médiathèque. Ils allèrent chacun de leur côté pour chercher des documentaires ou des archives parlant de Pandoravirus. Ils revinrent s’asseoir avec un seul livre chacun. Ils se regardèrent avec un air désespéré. Antoine déclara :
« J’ai trouvé que ça…
— Moi aussi… Ajouta Anaïs. Bon allez, je vais commencer à lire ça, ce n’est pas grand-chose mais faut faire avec.
Antoine hocha la tête et ouvrit son livre. Alors qu’il était en pleine lecture du magazine qui ne traitait que très peu du sujet recherché, Anaïs éclata de rire. D’un air inquiet, son ami lui demanda ce qu’il se passait. Elle lui montra la page de son livre, et il lut : « Tous les échantillons de ce virus sont gardés en sécurité dans un laboratoire parisien, il n’y a aucun risque à moins qu’une guerre bactériologique soit déclarée. » Quelques lignes après, il était écrit qu’on avait encore peu d’informations à ce sujet mais que les recherches continuaient. Le virus semblait bien être tellement gros qu’il défiait toutes les lois faites jusqu’à lors sur les virus. Ce virus été basé sur une lignée de cellules primitives très différentes. Le virus trouvé en Australie se nommait Pandoravirus Dulcis en rapport direct avec la boîte de Pandore. Il serait constitué d’environ deux mille gènes. Antoine proposa à Anaïs d’aller ranger les livres et de rentrer chez lui avant que ses parents s’aperçoivent de leur départ. Alors qu’ils saluaient la bibliothécaire, Anaïs déclara :
« On s’est quand même bien inquiétés pour rien…
— Oh oui, comme tu dis ! Répondit Antoine en riant. »

Lorsque le générique du film commença à défiler, Louise éteint la télévision, et partit dans sa chambre avec les images du film bien en tête. Elle se coucha et rêva qu’elle avait le rôle d’Anaïs.