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Publié : 3 juillet 2016

La petite Marion

Marion était une petite fille mignonne et sensible qui stressait pour sa rentrée des classes en 4ème.
Elle avait changé de collège pour le travail de ses parents.
Le jour J était arrivé, c’était le matin, devant son collège, la peur et le stress l’envahirent.
Elle s’avançait vers la foule d’enfants terrifiés, quand soudain elle ne pût garder son calme et s’enfuit dans les toilettes et s’y enferma pour pleurer.
Mais elle n’était pas toute seule... Une autre l’écoutait et l’enregistrait en secret avec son téléphone portable tout en ricanant.
Une fois Marion calmée, elle rejoignit sa classe sans se mélanger aux autres car elle était trop timide pour cela.
La journée se déroula paisiblement. Marion commençait même à sourire, quand elle entendit de plus en plus de rires à son passage dans la cour de récréation. Elle se disait qu’elle devenait trop méfiante. Une fois à la sortie, elle repartit avec sa mère et rentra chez elle.
Le lendemain, dès la première heure de cours, elle comprit que quelque chose n’allait pas. Les élèves de sa classe gardaient leur distance avec elle et chuchotaient et riaient en la regardant de loin.
Marion se sentit seule et mal aimée, elle eut envie de pleurer mais elle se retint.
Pendant le midi, la petite Marion assise toute seule pour manger entendit : « Fragile » derrière son dos. Elle ressentit comme un couteau en plein cœur, elle baisse la tête et entendit « grosse chialeuse »... Elle mit la main devant sa bouche pour pleurer en silence et se leva rapidement en laissant son plateau repas dans la cantine.
Plus les jours passaient, plus ils se ressemblaient en pire. Marion était constamment seule ; Elle s’en voulait d’avoir était aussi sensible, elle n’avait plus d’estime pour elle mais elle gardait l’espoir que cela s’arrangerait avec le temps. Un jour, dans un couloir, alors que Marion lisait pour oublier la solitude et s’évadait dans un autre monde, une main lui arracha violemment les cheveux et la traîna par terre en l’insultant. Ses larmes l’empêchaient de voir parfaitement mais elle vit un garçon qui filmait avec son portable. À ce moment Marion n’exista plus, elle mourut à l’intérieur.
Marion ne finit pas la journée, elle rentra chez elle. Ses parents travaillaient alors sans aucun mot elle prit une chaise, une corde et écrivit une lettre expliquant qu’elle était désolée de ne pas avoir été assez forte. Elle monta sur la chaise, mit la corde autour de son petit cou, serra et d’un coup fort, la chaise bascula. Elle mit ainsi fin à ses jours.
La mère découvrit sa fille, froide et pâle. Elle appela le SAMU mais c’était trop tard.
L’enquête de police se termina par l’arrestation des deux adolescents qui avaient publié les vidéos de Marion. Le garçon a simplement dit : « elle était trop gentille, trop faible ». Elle fut la bonté dans un monde de brutes.

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